Suite de l’article « Les naufragés du Noos et l’avenir du câble (1) » du 25 avril 2007
Nous avions abandonné, dans notre dernier article, Noos l’opérateur du câble en pleines difficultés techniques et commerciales, face à une gronde de clients mécontents et sous la surveillance pointilleuse de la Direction de la concurrence.
En septembre dernier, les financiers (1) qui détiennent l’opérateur de câble ont décidé de jeter à la trappe le nom compromettant de Noos pour ne plus garder que celui de Numéricable, plus présentable.
Dans la foulée ils ont également essayé de mettre en vente l’entreprise en faisant au passage une belle plus-value.
Las, la crise financière est passée par là et ce n’est que fin mars 2008 qu’ils ont fait entrer le fonds d’investissement Carlyle (encore un fonds…) dans leur capital à hauteur de 37,8 % (2).
Parallèlement, des efforts ont été entrepris pour redorer le blason de Numéricable par un renforcement technique (les pannes sont devenues moins fréquentes, le mécontentement a apparemment baissé). L’offre commerciale a été « recâlibrée » mais au final pas franchement améliorée.
Il y a enfin le grand projet qui consiste à passer du câble coaxial actuel à la fibre optique. Des prévisions enthousiasmantes ont été annoncées : d’ici à la fin 2009, Numericable prévoit de raccorder à son réseau de fibre optique 7,5 millions de foyers (3)…
Un bel avenir est indiscutablement promis à la fibre optique mais plusieurs questions se posent.
A quand la fibre optique à Louveciennes ?
Quel sera l’opérateur ? Numéricable, même s’il a un train d’avance, n’est en effet pas seul en course, les autres acteurs, Orange (France Télécom), Neuf-Cegetel, Free ne manquent pas de moyens financiers et sont de véritables opérateurs industriels.
En attendant, le déploiement de la fibre ne conviendrait-il pas de préférer des solutions alternatives au câble ?
Les alternatives au câble
1. Le recours à l’antique antenne râteau
Elle permet de capter les six chaînes traditionnelles. Ce serait
évidemment un retour en arrière qui n’aurait de toute façon qu’un temps
puisque la TV analogique cessera d’émettre en novembre 2011. N’en
parlons donc pas sauf si en renonçant au câble, on désire parallèlement
se soustraire à la drogue télévisuelle.
2. Le passage à la télévision numérique terrestre (TNT)
Elle offre à ce jour 18 chaînes nationales et 7 chaînes locales, toutes
gratuites. On peut également souscrire à des chaînes payantes.
Ce passage est facile puisque pour recevoir la TNT, il n'est pas nécessaire de changer l'antenne râteau existante installée pour la réception des chaînes hertziennes analogiques. En revanche, la TNT nécessite l'utilisation d'un décodeur TNT (démodulateur de réception numérique pour télévision analogique).
Pour les téléspectateurs qui ne recevaient jusqu’à présent que les six
chaînes traditionnelles, les progrès sont évidents si l’on juge à la
fois par le taux de pénétration (près de 40 % des foyers français) et
par le taux d’audience des nouvelles chaînes (déjà 10 % de parts
d’audience).
Pour l’abonné au câble, ce n’est pas l’offre des programmes qui le
charmera (puisqu’il en bénéficie déjà) mais plutôt le fait que la TNT
est gratuite (à l’exception du décodeur qu’il faudra acheter).
A chacun son équation personnelle. Il est certain que l’offre TNT
actuelle est très franco-française et ne donne pas accès à des chaînes
étrangères.
3. La réception de la télévision par satellite
Elle offre les programmes les plus riches (plus de 300 chaînes), gratuits et payants.
Elle suppose l’installation d’une parabole sur sa maison ou d’une parabole collective pour les immeubles.
Canal Sat (filiale du groupe Canal+) est l’unique plate-forme de distribution des chaînes thématiques par satellite.
Canal Sat revendique (après apport de TPS) plus de 5 millions d’abonnés.
5. La réception des programmes télé via l’Adsl
Nous sommes actuellement, en France, 14,5 millions d’abonnés à internet
par l’intermédiaire de l’Adsl que nous réceptionnons par
l’intermédiaire des Fournisseurs d’accès à internet (FAI). Sur ce
chiffre, on estime que près de 25 % d’abonnés consomme déjà la
télévision via les réseaux Adsl.
Les FAI proposent actuellement, généralement autour de 30 euros, une
offre qui dans leur jargon est le « Triple play ». Sous cette
appellation anglo-saxonne on bénéficie via une connexion à haut débit
de type Adsl à trois services bien distincts à savoir Internet (web,
messagerie, téléchargement, etc), la téléphonie (on parle de voix sur
IP ou de VoIP) et la télévision « numérique » qui nous intéresse ici.
Les principaux opérateurs sont les suivants :
- Orange (France Telecom) qui domine avec près de 50 % de part marché,
- Neuf Cegetel (y compris Club internet, Aol France) : 23 % de part marché,
- Free : 20 % de part marché,
Alice, filiale de Telecom Italia est le 4ème compétiteur (près de 1
million d’abonnés) mais est en perte de vitesse et fera prochainement
l’objet d’une acquisition par un autre groupe.
La télévision via l’Adsl possède quelques avantages : une installation simple (inutile d’avoir recours à un spécialiste), un large choix de chaînes, une image numérique de qualité supérieure à une réception hertzienne. Pour le futur, l’Adsl ne constitue cependant pas la panacée : elle passe par l’utilisation du fil de cuivre du téléphone ce qui entraîne des limitations physiques de la vitesse de transfert des données. On sait que les performances annoncées par les FAI ne sont atteintes que pour autant que l’on réside en ville, à proximité d’un central téléphonique, à moins de 2,5 km disent les spécialistes (pour les louveciennois, il s’agit de Bougival). Par ailleurs, l’augmentation du nombre des utilisateurs d’internet, la multiplication et la taille des fichiers transportés, les possibilités d’utilisation du réseau (pour l’informatique, les mails, le téléphone, la télévision, la télésurveillance, la musique…) ralentit le débit des réseaux à certaines heures….se traduisant par des images TV saccadées.
La technologie du futur : la fibre optique
La fibre optique est bien la technologie de pointe qui permet le
transfert des données à la vitesse de la lumière. Cette technologie
n’est pas nouvelle en France, on l’avait expérimentée à Biarritz il y a
quelques décennies ; son utilisation avait été envisagée lors du
lancement du plan câble mais on y avait alors renoncé pour des raisons
de coûts.
La fibre optique est une technologie éprouvée qui offre des débits importants (de l’ordre de 5 fois plus que l’Adsl le plus performant). Elle apportera en plus de la télévision haute définition de nombreux autres services multimédia comme le téléphone illimité, la vidéo à domicile (VOD), la télésurveillance des appartements, l’accès internet à très haut débit.
Quatre entreprises (France Télécom, Neuf Cegetel, Free et Numéricable) ont commencé à déployer des réseaux de fibre optique en ciblant en priorité les quartiers les plus rentables de Paris et de la banlieue (ainsi que des villes de province).
Si elles n’ont pas trop de difficultés pour amener la fibre aux immeubles, l’autorisation de « fibrer » les bâtiments dépend du vote des copropriétaires ce qui est loin d’être toujours acquis.
A cet égard la situation de Numericable est plus confortable, la
société s’appuie sur un réseau câblé dont les fourreaux urbains
arrivent au bas des immeubles. Les travaux urbains consisteront à
remplacer le câble coaxial par de la fibre optique. Le réseau coaxial
existant dans les colonnes montantes des immeubles câblés n’aura pas
besoin d’être modifié. L’abonné actuel conservera son matériel et son
installation.
S’agissant de Louveciennes, la ville est câblée (même si le réseau a
vieilli par endroits…) et devrait être considérée comme prête
au basculement. En examinant toutefois le plan de développement de la
fibre sur le site internet de Numericable (numericable.fr) on
s’aperçoit qu’à l’exception de certaines maisons ou immeubles proches
de Port-Marly ou de Marly-le-Roi, Louveciennes ne paraît pas être parmi
les priorités de l’opérateur. Nous avons demandé plus de précisions
mais aucune réponse ne nous a été apportée pour le moment. Nous ne
manquerons pas de vous informer sur l’évolution de ce dossier.
(1) Au 1er décembre 2007, Numéricable était détenue à hauteur de 70 %
par le fonds d’investissement britannique Cinven et de 30 % par le
fonds luxembourgeois Altice dont le président est le Français Patrick
Drahy. Ce dernier est présenté par la revue L’Expansion (octobre 2007,
numéro 723) comme le véritable stratège du groupe. Originaire de
Casablanca, 44 ans, ingénieur Télécoms, résident suisse, agissant par
l’intermédiaire d’une société enregistrée au Luxembourg, sa
participation personnelle dans Numéricable est difficile à déterminer «
tant le montage est complexe » (dixit l’Expansion).
Numéricable est présidée par Philippe Besnier, son directeur général est Olivier Gerolami.
(2) Le fonds d’investissement Carlyle a finalisé fin mars 2008 un
accord conclu en décembre 2007 visant son entrée au capital Numericable
sur la part détenue par Cinven, Altice devant garder ses 30 %. Le
rachat a porté sur 37,8 % du capital de Numericable pour un montant de
1,1 milliard d’euros. L’opération s’est faite sur la base d’une valeur
d’entreprise totale de 6,5 milliards d’euros. Trois fonds sont par
conséquent présents dans le capital du principal et quasi-unique
câblo-opérateur français, leur vocation n’est évidemment pas de rester
à demeure.
On soulignera également que certaines collectivités locales
revendiquent la propriété des infrastructures qu’elles ont en partie
financée (Nice, Strasbourg, Le Havre ou Clermont-Ferrand) ce que
conteste Numéricable. Sur ce point, nous ignorons quelle est la
situation des communes du groupement de Saint-Germain-en-Laye.
(3) Numericable revendique 1,8 million d’abonnés à la télévision, 750 000 à internet et 500 000 au téléphone. Son potentiel est plus élevé puisque la société est présente dans 1200 communes françaises soit 40 % des foyers français (9,5 millions de prises).
Vous écrivez dans votre article qu'il ya quelques décennies on avait renoncé à la fibre optique parce que cela coutait trop cher. Alors pourquoi cet engouement pour la fibre optique maintenant ?
Rédigé par : JP | 07 mai 2008 à 10:11
Ouverture du réseau de Numericable
Le Conseil de la concurrence a publié le 4 juin 2008 un avis selon lequel Numericable devait ouvrir son réseau optique aux autres opérateurs de télécommunications au même titre que France Telecom « Le Conseil de la concurrence est favorable à la mutualisation envisagée par le projet de loi (loi de modernisation de l’économie) qui vise à obliger l’opérateur qui a déployé la partie terminale d’un réseau en fibre optique à l’ouvrir aux autres opérateurs. Le Conseil souhaite que cette obligation s’impose à tous les opérateurs qui ont fibré l’immeuble, y compris les câblo-opérateurs. En effet il convient d’éviter que les habitants d’un immeuble restent captifs du premier opérateur y ayant déployé la fibre. »
L’Acerp, l’autorité de régulation des télécoms a estimé être « tout à fait en phase avec l’avis du Conseil de la concurrence ».
Rédigé par : La rédaction | 11 juin 2008 à 15:22
Déjà, avant de parler de fibre optique... d'avoir un réseau GSM qui marche, ce serait top ! Louveciennes doit être aujourd'hui la seule commune de France où le portable de passe pas. A la fois, comme ça, on est tranquille ;)
c.
Rédigé par : Braut Christian | 27 juin 2008 à 09:29
Il faut changer d'opérateur. Je suis chez Bouygues Telecom depuis 1996 et la réception à Louveciennes a toujours été parfaite.
Rédigé par : Pierre | 01 juillet 2008 à 11:45
Numericâble vient d’annoncer à ses chers abonnés une augmentation de 2 euros pour ses prestations à compter du 1er septembre 2008.
Numéricâble la justifie pour l’essentiel par le déploiement de la fibre optique.
Or il se trouve que les Louveciennois ne bénéficieront ni en 2008 ni en 2009 de la fibre optique (à l’exception d’une frange d’abonnés se trouvant à la lisière de Port-Marly).
Nous avons demandé à la direction de Numericâble de nous préciser pour Louveciennes les dates du passage à la fibre optique. Fidèle à sa politique traditionnelle de communication, Numericâble ne nous a pas répondu sur le sujet.
Rédigé par : La rédaction | 30 août 2008 à 15:40
Iliad, société-mère de Free vient de finaliser l’acquisition d’Alice auprès de Telecom Italia (pour 775 millions d’euros, prix de 885 000 abonnés).
Free devient ainsi avec 4 millions d’abonnés le deuxième fournisseur d’accès internet (FAI) loin derrière France Telecom/Orange (50 % du marché) mais devant Neuf Cegetel.
Rédigé par : La rédaction | 30 août 2008 à 19:56
Numericâble ne tient pas ses promesses
Pierre Danon, le nouveau patron de Numericâble vient d'annoncer qu'une pause sera faite dans le déploiement de la fibre optique jusqu'à l'été prochain... Le groupe dit-il aura investi 250 millions d'euros en 2008 et compte 100 000 clients fibre.
Apparemment les clients potentiels ne semblent pas séduits, pour le moment.
Pierre Danon souhaite que le groupe se concentre sur la conquête des clients ; le groupe va mettre en place une politique d'appels systématiques vers ses clients fidèles "qui depuis des années n'ont jamais rien reçu d'autre qu'une facture" (ON CONFIRME).
Informations données par le F!garo du 12 novembre 2008
Rédigé par : La rédaction | 12 novembre 2008 à 13:51
Les services internet par câble de Numericâble ont été coupés les 14 et 15 novembre. La compagnie a averti par sms que c'était coupé, puis que le service avait été rétabli, sans précisions. Sait-on le pourquoi de cette panne?
Rédigé par : Pascal Taillandier | 15 novembre 2008 à 14:48
Dernière info du Parisien :
http://www.leparisien.fr/espace-premium/yvelines-78/le-tres-haut-debit-c-est-presque-pour-demain-10-02-2012-1853918.php
Je pense que Louveciennes est mal représenté au conseil général!!!
Rédigé par : Frederic HARDY | 23 février 2012 à 04:53
A court terme, le problème urgent c'est que le routeur est à Bougival, et que la réception ADSL n'est généralement pas bonne à Louveciennes. Dans certains quartiers excentrés elle est même très mauvaise au point que le trop faible débit ne permet pas de recevoir la TV (Orange p. ex,, alors qu'elle est intégrée et payée dans le forfait "Open").
Rédigé par : Jules | 23 février 2012 à 11:23