Les conclusions très attendues du commissaire-enquêteur, M. Claude Lahitte, viennent de tomber.
Dans son rapport, daté du 26 janvier 2012, il émet « un avis favorable assorti d’une condition suspensive au projet d’élaboration du PLU de la commune de Louveciennes. La condition suspensive étant l’instauration d’un périmètre d’attente pour la zone de Villevert. »
Il distingue dans les motivations de son avis entre ce qui a trait au «secteur de la commune hors zone de Villevert » et « le secteur de Villevert (22 ha) ».
Sur le premier secteur, il se prononce nettement :
« Je suis favorable au projet d’élaboration du PLU, qui me paraît cohérent. Je pense qu’il n’est pas souhaitable de bloquer toutes évolutions, dans ce secteur, pour une durée encore indéterminée. Il convient d'apporter au projet, les corrections ou modifications mentionnées dans le rapport, elles sont relatives aux remarques et aux observations du public, inscrites sur le registre ou adressées par courriers, ainsi que celles des services de la Préfecture et du Conseil général. »
Le commissaire-enquêteur complète ce jugement en délivrant un véritable satisfecit au projet de PLU dans ce secteur ; il relève notamment qu’ « au cours de l’enquête, j’ai perçu la mixité sociale comme une réussite dans la commune. Les projets Plains-Champs, Le Cœur Volant, La Collinière, Saint-Martin répondent à ce même objectif et ils ont pour but de proposer un véritable parcours résidentiel dans la commune en répondant aux besoins en logements pour des primo-accédants et des personnes âgées. Elle poursuit la diversification du parc de logements pour répondre à la demande sociale et à la loi SRU actuellement (13% réalisés).»
A la lecture des modifications demandées - quoique parfois faiblement argumentées par le commissaire-enquêteur – celles-ci ne paraissent pas poser, a priori, de problèmes majeurs au maire, André Vanhollebeke et à son équipe.
Sur « la zone d’intérêt général de Villevert », en revanche, le commissaire-enquêteur « pense qu'un « périmètre d'attente » (procédure prévue à l'article L. 123-2a du code de l'urbanisme, dispositif créé par la loi du 25 mars 2009), doit être instauré par le PLU sous forme de servitudes consistant à interdire pour une durée de 5 ans maximum, dans l'attente de l'approbation de la commune d’un projet d'aménagement global, les constructions ou installations d’une superficie supérieure à un seuil défini par le règlement au POS (Plan d’occupation des sols) actuellement en vigueur. »
L’adoption d’une telle procédure - qui avait déjà été suggérée en son temps par les représentants de l’Etat - peut rendre intenable l’objectif du maire de limiter la croissance de la population de Louveciennes à 9 000 habitants, à 15/20 ans, contre 7 400 habitants actuellement. En effet, dans le projet de PLU du maire, les nouveaux logements doivent être construits sur la zone actuellement urbanisée, c’est-à-dire hors Villevert (où seuls quelques logements dits corollaires » doivent être édifiés, les terrains étant essentiellement dédiés à l’activité économique).
Adopter le PLU en mettant entre parenthèse le sort de Villevert pendant cinq ans au maximum serait aventureux, et lâchons le mot, suicidaire. Le dispositif du périmètre d’attente donne « du temps au temps » pour élaborer un projet complexe (ce qui est le cas de Villevert). Cependant, en permettant à la commune de geler pendant 5 ans la constructibilité des terrains au regard du droit de propriété, le dispositif donne aussi aux propriétaires (en l’occurrence LD Investissement) la possibilité de la mettre en demeure de procéder à l’acquisition de leur terrain. La commune de Louveciennes n’a pas les moyens financiers de le faire. Alors quoi ? On demandera à une entité publique de se porter acquéreur ? Dans ce cas, la commune perd toutes les cartes dont elle dispose. Si in fine, elle renonce à la servitude, l’instauration du périmètre d’attente était un coup pour rien.
On relèvera également que dans la motivation de son avis sur Villevert, le
Les commentaires récents